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Déclaration de Sadio Mané sur la pression subie pour gagner la CAN

L’attaquant d’Al Nassr, formé à Metz avant de briller à Salzbourg, Southampton, Liverpool puis au Bayern Munich, a franchi toutes les étapes pour atteindre les sommets. Fort de ces expériences et du statut qu’il s’est construit au fil des années, il peut désormais parler avec sincérité de son parcours en Équipe Nationale du Sénégal. Un parcours qu’il a marqué de son empreinte, en guidant les Lions vers le sacre à la CAN 2021 et en devenant, depuis, le meilleur buteur de l’histoire de la sélection avec 50 réalisations.

« Honnêtement, je pense que si je suis devenu footballeur, c’est grâce à l’équipe nationale. Je viens d’un tout petit village. À l’époque, pour regarder du foot, il fallait aller ailleurs. Du coup, quand on regardait du foot, on ne regardait que l’équipe nationale. Quand j’étais jeune, le Sénégal n’a jamais gagné la CAN. C’était l’état d’esprit général : le Sénégal ne gagnerait jamais rien, car ils étaient toujours proches du but, mais ne gagnent jamais. Alors, à cette époque, je ne sais plus exactement quand, mais je me suis dit que si je devenais footballeur, je gagnerais la CAN. Même si je ne savais pas comment, c’était une obsession. Je me disais, même si je n’étais pas encore footballeur, j’étais persuadé que je gagnerais quelque chose. Et quand je suis devenu footballeur, surtout pour la CAN, la pression que je subissais… Avant de gagner la CAN, croyez-moi, il m’arrivait de mal jouer à cause de cette pression, car ce n’était pas normal pour moi, à cause des attentes que j’avais envers moi-même. Alors, je me suis dit : que puis-je faire ? », a-t-il déclaré.

Mané met en lumière une réalité souvent méconnue du grand public : derrière les exploits et les trophées, il y a une pression immense, parfois insoutenable. « Je me souviens que lors de la CAN 2021, je n’ai jamais dormi plus de cinq heures d’affilée. Du jamais vu. À ce moment-là, j’ai eu une pensée très forte : j’étais à Liverpool, et les Sénégalais attendaient beaucoup de moi. Ils n’arrêtaient pas de dire que je jouais bien à Liverpool, mais mal avec le Sénégal. Et je ne recevais aucun respect, c’est le moins qu’on puisse dire. J’avais gagné la Premier League et la Ligue des champions, mais rien au Sénégal. C’était comme si j’étais un joueur comme les autres à Liverpool. Porter tout ça sur les épaules, ce n’est pas facile. Les équipes nationales en Europe sont différentes de celles en Afrique. On peut vous mettre à genoux pour un rien (rires). Ils n’ont pas de clubs comme Manchester United ou Liverpool. Ils n’ont que l’équipe nationale. En Europe, les gens aiment leur équipe nationale, mais ils aiment encore plus leur club. Au Sénégal, c’est tout le contraire. Quand l’équipe nationale joue, ils ne conduisent pas, certains ne mangent même pas… Imaginez… C’est pour ça que la pression est énorme. Pour moi, il fallait absolument que je gagne. C’était vraiment important. C’est pour ça que j’ai ressenti autant de pression cette année. Je le répète, je n’ai jamais dormi plus de cinq heures d’affilée. Quelle pression ! Mais cette pression est aussi un privilège pour moi. Un privilège d’être reconnu et d’être un modèle pour ces jeunes, surtout dans mon pays. »

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